Janvier 2003 – C’est cette année-là que les habitants de Gorguel et ASSS se sont rencontrés pour la première fois. Nous avions déjà eu l’occasion au cours de voyages précédents en Afrique de l’Ouest de connaître l’intensité de l’accueil des villages. Mais à Gorguel tout était différent. Nous savions, eux comme nous, que cette première rencontre allait décider de l’avenir des liens que nous pourrions ou non tisser. Il fallait que nous apprenions réciproquement à nous connaître. Paradoxalement, c’est par les regards que nos contacts ont été les plus forts. Mieux que par des traductions en koromfé et fulfuldé, cependant nécessaires pour rompre la barrière linguistique, c’est bien dans les regards que nous avons pu lire la volonté, la dignité et aussi la détresse de ces sahéliens pour qui, brusquement, nous représentions, nous les cinq premiers ambassadeurs de ASSS, un immense espoir. Le déclic a eu lieu, l’aventure pouvait commencer…

2003 première rencontre de ASSS avec les villageois de Gorguel
Un quartier Peul
2004 rencontre avec les villageois de Gorguel sur le terrain de la future école

Janvier 2004 -Nous n’étions pas cinq mais sept à faire le parcours de huit heures en 4×4 pour aller de Ouagadougou à Gorguel… A peine étions-nous arrivés que les villageois nous conduisaient vers le terrain de 6 000 m2, délimité par un cordon de pierres, où serait construite l’école. Du gravier et du sable avaient déjà été apportés. A la légitime et prudente réserve de l’année précédente avaient succédé confiance et décontraction. La situation du village nous devenait plus familière, les besoins plus présents. Au-delà de la réalisation de l’école dont l’ouverture était prévue pour le mois d’octobre, nous savions déjà que notre action ne s’arrêterait pas là et qu’un projet de développement serait nécessaire…

Janvier 2005 -Nous sommes treize à découvrir l’école, le maître Souleymane Traoré, et les 75 élèves de la première classe avec qui nous pouvons déjà échanger en français. La vie a changé à Gorguel. La toute jeune association Hansina Domba nous fait part des réalisations de l’année et en particulier de la gestion de la banque de céréales que nous finançons depuis 2003. Et puis les représentants des villages voisins de Sénaikaye, Dalla, N’Goroua viennent nous entretenir de leur problème majeur, l’approvisionnement en eau…

Inauguration de l’école
Villageoises de Sénaikaye

Janvier 2006 -Nous sommes neuf à rencontrer les populations des villages voisins de Gorguel afin de concrétiser nos engagements de l’année dernière. Nous mesurons mieux la détresse des populations et si l’image d’enfants buvant l’eau saumâtre d’un marigot n’a malheureusement rien de bien exceptionnel, nous refusons d’accepter l’inacceptable. Au retour, à Ouagadougou, nous commandons une étude hydrologique qui viendra compléter le dossier monté par Djibril Koura, notre représentant permanent au Burkina Faso, sur « le programme de développement intégré des villages de Gorguel, Sénaikaye, Dalla, N’Goroua ». Notre partenaire « Hansina Domba » regroupe maintenant les quatre villages. Elle sera responsable de la mise en œuvre du « programme de développement intégré » …

Janvier 2007 – Les financements nécessaires à la réalisation du programme d’approvisionnement en eau des quatre villages ayant été obtenus, nous rencontrons à Ouagadougou nos partenaires de l’Ambassade de France pour finaliser la mise en œuvre des travaux. Les habitants de chaque village sont rencontrés lors de nos réunions habituelles, généralement sous le plus grand arbre du village. Nos amis sahéliens n’osent croire à la bonne nouvelle ! Mais les cinq forages prévus seront-ils positifs ? Autrement dit, y aura-t-il de l’eau ?

Les enfants boivent au forage
tentative de forage pour l’école de Gorgel par le Génie militaire burkinabé

Janvier 2008 -La nouvelle est tombée en juillet 2007 : les cinq forages sont positifs ! Les neuf membres de ASSS parcourent les quatre villages et partagent sans retenue la joie des villageois… Nous associons à notre plaisir toutes celles et tous ceux qui, en France, soutiennent fidèlement les projets. Mais déjà le futur nous rattrape. Avec les villageois et Hansina Domba, nous préparons le programme 2008 : lutte contre la désertification, embouche ovine et bien d’autres projets encore… L’espoir est au rendez-vous !

Janvier 2009– Eh non, pas de voyage en janvier 2009. La crise n’épargne pas les voyageurs que nous sommes et incite à l’économie (chaque membre paie son voyage et son séjour). Mais ce n’est que partie remise pour 2010, et notre absence physique ne nous empêche pas d’être en relation constante, par mail, avec notre correspondant local, Djibrill Koura. Nous pensons d’ailleurs que notre absence cette année, correspond symboliquement à une plus grande autonomie prise par les villageois, et à une plus grande responsabilisation de leur association Hansina Domba. En fait l’objectif final recherché !

village de Sénaikaye
Le préfet dAribinda
Aribinda l’inspecteur d’académie, Salka Tatsirou et Mme le prefet, Seni Kabou (3)

Janvier 2010– Nous étions 12, cette année à rendre visite à nos amis du Sahel… Et c’est toujours le même choc culturel ressenti par les 6 personnes qui n’avaient pas encore visité les villages. Nos journées sont toujours aussi bien remplies, par les réunions avec les différents groupements, les parents d’élèves, les instituteurs… et par les nombreuses visites des réalisations effectuées durant l’année : Moulin à grains, magasin de tourteaux, champs avec diguettes, jardin de l’école… La vie dans les 4 villages a vraiment changé depuis notre arrivée, disent les habitants, et aujourd’hui, on peut dire que tous les investissements lourds ont été faits. Les besoins de la zone sont énormes et le maire et le préfet d’Aribinda nous ont montré la nécessité que l’association agrandisse encore son champ d’action auprès d’une dizaine de villages qui manquent cruellement du nécessaire vital : l’eau… Le travail ne va pas nous manquer pour les quelques années qui viennent, c’est du moins le message qu’ont rapporté les voyageurs à l’assemblée générale de l’association… qui a approuvé !

Janvier 2011– Cette année, seulement 7 membres de l’association ont pu se déplacer dans le sahel. Les 2 premières journées ont été consacrées à la visite des 4 villages. Les retrouvailles avec les écoliers et les habitants sont toujours autant riches en partage et en émotion. Les regards fusent, les mains se resserrent et les « bonjour, ça va ? » mettent en forme dès le matin !

La lutte contre la désertification est toujours de mise et les habitants nous ont montré toute l’énergie dépensée à cette lourde tâche à travers la pose de diguettes autour de leurs champs. La saison des pluies a permis de bonnes récoltes. Les greniers à grains sont remplis !

En voyant leur village aujourd’hui, la joie des villageois est réelle depuis l’arrivée d’ASSS et la phrase d’une femme raisonne encore dans nos têtes : « La pauvreté est en train de chercher où aller dans notre village » ! Les femmes d’Hansina Domba ont décidé, cette année, de cultiver le jardin de l’école de Gorguel. Oignons, aubergines, piments et tomates ont été plantés durant notre séjour. Lors de notre départ, le jardin était magnifique et espérons que la récolte sera bonne ! Notre voyage est un peu différent des autres années.

En effet, en présence du Maire d’Aribinda, nous avons rendu visite aux habitants de 7 nouveaux villages sur 10 prévus dans le cadre du nouveau projet d’ASSS : « Alimentation en eau potable pour 21 000 personnes à travers la réhabilitation et la construction de nouveaux forages ».

L’espoir d’une réalisation prochaine de ce projet a provoqué des manifestations de joie auprès des villageois bien compréhensible !

Femmes et enfants devant leur parcelle de jardin maraîcher
Champ remis en culture avec les diguettes
Forage du village de Niafo
2012 Le forage d’Arba
Forage de Yalanga

Janvier 2012 -Nous sommes 7 cette année à atterrir à Ouagadougou. Traditionnelle étape dans les 4 villages et visite des réalisations. Le constat : la situation générale continue à s’améliorer, malgré les aléas climatiques. Les villageois ont vraiment pris leur destinée en main.

Mais nos relations se sont largement étendues et même si le temps nous est compté, la visite dans d’autres villages bénéficiaires de forages est nécessaire pour créer ce lien d’amitié irremplaçable.

Le travail est devenu extrêmement proche avec la ville d’Aribinda et de son maire et les réunions amicales, sont néanmoins empreintes de sérieux et de gravité tant l’enjeu de l’eau est vital pour les milliers d’habitants de la zone.

Le groupe revient avec un nouveau gros projet de forages, et la poursuite de la collaboration avec Hansina Domba.

Janvier 2015

-Du 8 au 19 mars 2015, cinq membres d’ASSS se sont déplacés au Burkina. Pour raison de sécurité, la délégation ne n’est pas allée jusqu’aux villages de la commune d’Aribinda. C’est donc à Ouahigouya que les membres d’ASSS ont rencontré huit représentants d’Hansina Domba et 3 représentants de la délégation spéciale de la commune d’Aribinda. Ces rencontres ont permis d’échanger sur l’évolution des projets menés en partenariat avec Hansina Domba d’une part et la commune d’Aribinda d’autre part.

 L’autre objectif de ce voyage était l’étude du projet d’irrigation de l’espace maraîcher par le procédé de goutte à goutte. Comme précisé précédemment, les membres d’ASSS, accompagnés des responsables des groupements masculins et féminins d’Hansina Domba, ont visité un certain nombre de sites maraîchers à Ouahigouya et Dédougou. Les informations techniques recueillies, les commentaires des exploitants, les rencontres avec les entreprises ont permis de définir le projet.

Mise en place du goutte à goutte
Maraîchage

En raison de la situation de danger au Sahel, actuellement, les membres d’ASSS ne peuvent plus se rendre dans les villages et rencontrer les habitants. Heureusement, la présence fidèle de notre correspondant local Djibril Koura maintient un lien fort avec nos amis.