Contrairement à l’image largement répandue du désert qui avance inexorablement à la conquête des terres, la désertification est un phénomène qui prend généralement naissance au niveau local et qui se développe insidieusement. La désertification est en fait la résultante de facteurs aussi différents que sont le réchauffement climatique, le déboisement, l’érosion éolienne, l’épuisement des sols, le ruissellement des eaux… Le Sahel est caractérisé par deux saisons d’inégales durées : une longue saison sèche de novembre à juin, une courte saison des pluies de juillet à octobre. Si les terres ne sont pas protégées, des ravines apparaissent et les brutales chutes de pluie les creusent davantage emportant la terre arable vers le « bas-fond ».

On peut lutter avec succès contre la désertification avec la mobilisation des populations et un certain nombre de moyens. Les techniques que les populations bénéficiaires mettent en œuvre dans ce domaine d’activités sont les diguettes antiérosives. L’aménagement en sites antiérosifs consiste en la construction de diguettes en pierres sur des courbes de niveau qui sont tracées sur les terrains dégradés, à traiter. On estime à 3 à 4 ans le délai nécessaire pour réhabiliter des terres devenues incultes.

Sur les terrains ainsi aménagés, on freine la vitesse des eaux de ruissellement, on favorise l’infiltration au maximum de ces eaux dans le sol, on permet l’évacuation des eaux excédentaires et enfin, on favorise le dépôt de graines, de terres fines et des matières organiques entraînées par le vent et les eaux de ruissellement.

Chaque année, ASSS a financé les transports de pierres par camion-benne et l’achat de l’outillage nécessaire permettant aux villageois de réhabiliter des centaines d’hectares de terrain redevenus cultivables.